Jeunes mamans runneuses : accordez-vous du temps !

Le manque de temps est souvent un prétexte pour masquer une peur de se lancer. Les femmes qui vivent leurs passions arrivent plus facilement à trouver du temps pour elles. Et quand elles sont avec leurs enfants, elles en profitent pleinement, sûrement mieux encore que celles qui ne s’accordent pas de temps pour elles.
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Les explications de Sophie Cadalen, psychanalyste

Les mères qui s’adonnent à d’autres activités que la maternité sont souvent confrontées à des petites phrases insidieuses, du type « quand même, un enfant a besoin de sa mère », mille fois entendues. Les femmes ressentant bien souvent de la culpabilité, la maternité n’arrange rien... L’idéal serait de laisser dire, du moins de ne pas se laisser entamer par ces discours.
Car les femmes qui s’autorisent à vivre leurs passions, qui font ce qu’elles sentent bon pour elles, réussissent à mieux gérer leur temps. Quand elles passent un moment avec leur enfant, elles en profitent pleinement, peut-être mieux encore que celles qui ont renoncé à leurs passions pour se consacrer à leur bébé.


Certaines femmes se font piéger par une image de « maman-gâteau », qui a bonne presse mais qui ne leur convient pas. En se drapant dans cette posture, en voulant s’afficher aux yeux de tous comme une mère parfaite, elles se fragilisent terriblement, car rien n’est plus friable que ce genre de piédestal. Dès que l’enfant rapportera une mauvaise note de l’école, ou, devenu adolescent, fumera son premier joint, elles s’effondreront. Alors mieux vaut ne pas mettre de côté ses passions, et écouter ses désirs.

La jeune maman manque-t-elle vraiment de temps ?
Le manque de temps est souvent un prétexte pour masquer une peur de se lancer. Prenons l’exemple d’une femme qui aimerait courir, mais qui se désole d’être trop débordée par tout ce qu’elle a à faire. Si elle acceptait de poursuivre son désir, le temps se dégagerait assurément. Car une jeune maman qui a une activité épanouissante récupère une énergie incroyable, même pour les activités dites obligatoires, tandis qu’en restant cantonnée dans la plainte, type « je n’ai pas le temps », elle n’avance pas et sa vie peut rapidement lui peser.

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“En ayant une activité épanouissante, on récupère une énergie incroyable, même pour les activités dites “obligatoires”.”

Sophie Cadalen, psychanalyste

L’impasse du sacrifice
Le sacrifice ne mène nulle part, même s’il est commode d’entretenir l’idée de son utilité, tant nous désirons ardemment servir à quelque chose. Le parent qui s’est consacré entièrement à son enfant attend un retour, se lamentant de l’ingratitude de sa progéniture. Mais aucun enfant n’attend de son parent un tel renoncement : c’est souvent la maman qui a cru trouver dans ce sacrifice un sens à son existence, et une récompense.

La jalousie de ceux qui n’osent pas
Les audacieux qui osent rompre avec une situation devenue intolérable agacent ceux qui ne s’autorisent pas ce choix et cette liberté. Si nous ne nous lancions qu’en étant sûrs d’avoir les bonnes cartes en main, nous ne jouerions jamais, nous contentant de demeurer de côté, à regarder avec envie ceux qui osent. Autorisez-vous à vous occuper de vous, bougez, courez si vous le désirez, et n’écoutez pas les jaloux, qui voudraient faire comme vous mais ne le font pas.

 

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“Certaines femmes se font piéger par une image de maman-gâteau. En voulant s’afficher aux yeux de tous comme une mère parfaite, elles se fragilisent terriblement. Le sacrifice ne mène nulle part.”

Sophie Cadalen, psychanalyste