Se motiver et rester motivé pour courir

Si vous avez décidé de vous remettre au running pour perdre vos kilos en trop, vous êtes déjà sur le bon chemin. Pour se motiver et rester motivé, évitez les régimes stricts et les objectifs irréalistes, soyez patient : chaque gramme perdu est déjà une victoire.
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Comment se motiver et surtout rester motivé pour perdre du poids ? Questions/réponses avec Laurence Haurat, psychologue-nutritionniste

NON aux régimes
Pour se motiver lorsqu’on est en surpoids, je déconseille les régimes. Faire un régime implique forcément beaucoup d’efforts. Même avec énormément de volonté, on ne tient pas longtemps dans la contrainte permanente. On risque de craquer et de faire des excès. Je préconise aux personnes en surpoids de chercher à s’écouter. Elles doivent tenter de ressentir au mieux le moment où elles ont vraiment faim, celui où elles sont rassasiées et celui où elles sont dans une sensation de confort. Je parle souvent de rechercher un équilibre personnel, avec le poids et l’alimentation.
 
Ne pas se fixer d’objectifs irréalistes
J’encourage les personnes en surpoids à ne pas se fixer d’objectifs irréalistes. Je vois souvent à mon cabinet des femmes qui souhaitent retrouver le poids qu’elles avaient avant la naissance de leurs trois enfants, ou la silhouette de leurs 16 ans. Je leur recommande de choisir un poids dans lequel elles se sont senties bien pendant une longue période, sans faire d’effort. Je l’appelle le poids d’équilibre personnel.
C’est étrange, mais beaucoup de personnes souhaitent souvent retourner au poids qu’elles ont connu lors de situations très difficiles (après un deuil, un divorce...). Elles me disent : « J’étais mal, mais j’étais bien. » Je leur rappelle que cette période douloureuse n’était pas enviable. Je leur explique qu’elles étaient en quelque sorte malades. Le stress émotionnel causait une perte de poids, qu’elles ne pourront pas reproduire.

Ne pas forcément chiffrer les objectifs
Pour rester motivé, il est bon d’essayer de ne pas trop chiffrer les objectifs. Chaque personne est différente. Par exemple, toutes les personnes de la même taille ne peuvent pas faire le même poids. Au lieu de tout quantifier, il est préférable de parler du ressenti des personnes en surpoids : « Est-ce qu’elles ont mal aux genoux en montant un escalier ? Est-ce qu’elles pratiquent une activité sportive, même modérée, comme la marche ou le vélo ? Est-ce qu’elles ressentent un essoufflement ? » Ces questions sont plus intéressantes, car elles poussent les personnes à s’interroger sur leurs sensations.
Mais certaines personnes auront au contraire besoin d’un coach sportif qui va leur donner des objectifs précis et tout baser sur la performance. Cette méthode fonctionne tant que les gens perdent du poids, car ils sont félicités et récompensés de leurs efforts. Mais attention : le corps ne réagit pas de manière linéaire et il peut arriver que la perte de poids stagne. Le coach va alors demander des comptes, tenter de régénérer la motivation, et exiger que continue la perte de poids. Ses réprimandes seront peut-être vécues comme une forme de jugement pouvant profondément miner les personnes en surpoids, et les conduire à des situations d’échec.

Arrêter de grossir, c’est déjà une performance !
J’essaie de faire comprendre aux personnes qui réussissent à stabiliser leur poids que, virtuellement, elles ont déjà perdu tous les kilos qu’elles auraient encore pris avec le temps. C’est psychologiquement très positif, car c’est la preuve qu’on a déjà réussi à enclencher un processus. J’explique toujours que le corps est comme un paquebot. Il faut du temps pour lui faire amorcer un virage. Il n’y a pas de réaction immédiate, ce qui peut être frustrant.

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“Regarder le chiffre sur la balance n’est pas toujours parlant. Mieux vaut s’interroger sur son ressenti. On devrait essayer de maigrir pour soi. Pas pour son compagnon, pas pour sa mère ou son père, mais vraiment pour soi.”

Laurence Haurat, psychologue-nutritionniste

Maigrir, c’est perdre un kilo après l’autre
Il faut se dire que chaque gramme est une victoire. On ne devrait pas attendre d’avoir perdu 10 kilos pour se féliciter. Une bonne manière de se valoriser est de se demander : « Depuis combien de temps, je n’ai pas pesé ce poids : 8 ans, 10 ans ou 15 ans ? » De cette manière, la personne en surpoids se situe dans des périodes de vie et peut mieux évaluer sa perte de poids.
Regarder le chiffre sur la balance n’est pas toujours parlant. Mieux vaut s’interroger sur son ressenti : « Aujourd’hui, j’arrive à lacer mes chaussures facilement », « Mes cuisses ne me brûlent plus après trois étages. » Il faut savoir apprécier ces petits progrès personnels pour s’encourager.

Penser aux plaisirs procurés par la perte de poids
Il faut trouver ce qui, dans la démarche de perdre du poids, apporte du plaisir. La question est : « Qu’est-ce que la perte de poids m’apporte comme choses agréables aujourd’hui, que je n’avais pas hier ? »
Un bon exemple de réponse : « Aujourd’hui, je ne suis plus obligé de m’habiller dans des magasins spécialisés dans les grandes tailles. » Je conseille aux femmes qui perdent du poids de ne pas hésiter à se refaire une garde-robe en cours de route, avant d’avoir atteint leur poids d’équilibre.
Attendre d’avoir maigri, c’est être dans une attente permanente, dans une insatisfaction chronique. Il faut savoir se satisfaire de chaque moment. S’acheter de nouveaux vêtements au fur et à mesure, c’est aussi une manière d’appréhender sa nouvelle image corporelle. J’encourage aussi les femmes à se faire masser, à se regarder, à être en contact avec ce corps qui change. C’est là un bon moyen de réaliser qu’un bourrelet a disparu, qu’une cuisse est devenue plus ferme...
 
Se détacher du regard des autres
Enfin, il faut essayer de s’affranchir du regard des autres. Lorsqu’on commence à maigrir, les proches font souvent des compliments maladroits : « Qu’est-ce que tu es belle, maintenant ! » Ces remarques peuvent créer des angoisses : « Et si je reprends mes kilos ? » On devrait essayer de maigrir pour soi. Pas pour son compagnon, pas pour sa mère ou son père, mais vraiment pour soi.

 

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“Se faire masser, se regarder, être en contact avec ce corps qui change. C’est le bon moyen de réaliser qu’un bourrelet a disparu, qu’une cuisse est devenue plus ferme”

Laurence Haurat, psychologue-nutritionniste