Les risques de la course à pied quand on est en surpoids

Blessure articulaire, musculaire ou tendineuse, risque cardio-vasculaire... Quand on est en surpoids, la pratique de la course à pied peut être traumatisante pour le corps. Pour éviter tout risque, débutez l’activité de façon progressive, écoutez votre corps et n’hésitez pas à consulter des spécialistes.
partager l’article Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Évaluons les risques des personnes en surpoids avec le docteur Sébastien Le Garrec, médecin du sport à l’INSEP

La course à pied est un sport qui implique de nombreux impacts au sol et un effort soutenu. Elle peut être traumatisante pour un corps en surpoids (IMC inférieur à 30).
Quand on est en surpoids, le risque est essentiellement articulaire (colonne vertébrale, hanches, genoux, chevilles), mais également musculaire (contracture, claquage, rupture, éventration abdominale) et tendineux (tendon rotulien, achilléen).
La surcharge pondérale augmente considérablement les pressions exercées sur les articulations des membres inférieurs, sur la colonne vertébrale et sur la paroi abdominale. Le risque de se faire mal est donc accru, et ce d’autant plus s’il existe déjà des lésions dégénératives débutantes (arthrose).

Attention au cœur ! La personne en surpoids n’est pas forcément malade du cœur, mais elle a déjà un risque de l’être, soit à cause d’un diabète qui peut se développer, soit du fait de la simple surcharge pondérale, facteur de risque cardio-vasculaire.
L’avis d’un médecin, voire d’un cardiologue, d’un pneumologue ou d’un rhumatologue, est fortement recommandé. N’hésitez pas à lui demander si la course est un sport adapté à votre poids et à vos objectifs.

Quelles recommandations pour éviter de prendre des risques pour sa santé ?

  • Il faut débuter l’activité de façon progressive. Avant de courir, il peut être bien de marcher dans un premier temps, puis au fur et à mesure des séances, d’y introduire la course en alternant marche-course, puis enfin de courir durant toute la séance (voir l’application SmilesRun).
  • Il faut savoir écouter son corps. Avec l’expérience, on reconnaît les douleurs « normales » liées à l’effort (courbatures), et celles qui sont liées à un réveil des douleurs articulaires. Dans ce cas, il faut savoir s’arrêter, laisser passer cette période inflammatoire qui peut durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines, et ne reprendre que lorsque celle-ci aura complètement disparu.
  • Si besoin, il faut coupler l’activité cardio-vasculaire avec un travail de renforcement musculaire et un travail d’assouplissement.
  • Et surtout ne pas hésiter à consulter un médecin avant de reprendre la course à pied, et à le consulter de nouveau si une douleur anormale apparaît lors d’un entraînement.

 

Photo-Dr-Le-Garrec.jpg

“Avec l’expérience, on reconnaît les douleurs “normales” liées à l’effort (courbatures), et celles qui sont liées à un réveil des douleurs articulaires. Dans ce cas, il faut savoir s’arrêter.”

Dr Sébastien Le Garrec, médecin du sport à l’INSEP