mercredi 29 juillet 2026 Courir avec le sourire, à son rythme
Jogging, footing, running : quelle différence ?

Course à pied

Jogging, footing, running : quelle différence ?

Mis à jour le 29 juillet 2026

Sommaire

Le jogging, le footing et le running désignent tous la même activité de base, courir, mais ils ne racontent pas la même histoire, ni la même façon de pratiquer. Ces trois termes ont des origines géographiques différentes, des niveaux d’intensité distincts, et surtout des états d’esprit qui ne se ressemblent pas vraiment.

En bref: Le footing est un anglicisme typiquement français apparu dans les années 1980, qui désigne une course lente en aisance respiratoire, généralement entre 20 minutes et une heure. Le jogging vient de Nouvelle-Zélande dans les années 1960 et recouvre une course à rythme modéré, souvent en dessous de 10 km/h. Le running, lui, englobe l’ensemble du spectre de la course à pied, des sorties tranquilles aux séances fractionnées et aux compétitions.

D’où viennent ces trois mots ?

Le jogging a une histoire précise. Dans les années 1960, l’entraîneur néo-zélandais Arthur Lydiard, qui avait amené son athlète Peter Snell aux titres olympiques sur 800 et 1500 mètres, recommanda à un groupe de personnes obèses de courir à faible intensité pour améliorer leur condition physique, certains étaient en convalescence après des crises cardiaques. Quelques mois plus tard, huit d’entre eux avaient couru un marathon. L’Auckland Jogging Club vit le jour en 1962, et la pratique se répandit comme une traînée de poudre, d’abord aux États-Unis sous l’impulsion de Bill Bowerman, cofondateur de Nike.

Le footing, lui, n’a jamais quitté l’Hexagone. Ce mot est apparu en France dans les années 1980, et si vous dites « Do you want to go footing ? » à un anglophone, attendez-vous à un regard perplexe, en anglais, « footing » désigne un équilibre ou une base, pas une sortie de course. Au Canada francophone, on dit plutôt « faire un jog ». Le footing est donc une spécificité purement française, forgée pour désigner une chose simple: courir doucement, souvent pour entretenir sa condition physique.

Le running, mot anglais générique pour « la course », s’est imposé dans le vocabulaire français surtout à partir des années 2000. Il porte avec lui une connotation plus dynamique, plus connectée, plus orientée performance que ses deux cousins. Ce n’est pas un hasard si on parle de « chaussures de running », de montres GPS et de partage de parcours sur les réseaux sociaux dans cet univers-là.

Quelle intensité pour chacun ?

La vraie distinction entre ces trois pratiques tient moins aux mots qu’à l’effort ressenti. Le footing se court en aisance respiratoire complète: vous devez pouvoir tenir une conversation sans la moindre difficulté pendant toute la sortie. C’est ce qu’on appelle en entraînement l’endurance fondamentale, soit une intensité autour de 60 à 70 % de la fréquence cardiaque maximale. Concrètement, la plupart des gens trottent entre 8 et 10 km/h à ce niveau.

Le jogging tolère une légère montée du rythme cardiaque par rapport au footing, mais reste dans une zone de confort. Un coureur débutant qui « fait du jogging » peut ressentir un effort modéré sans jamais être à bout de souffle. La frontière avec le footing est floue, disons que le jogging est légèrement moins strict sur l’allure.

Le running, en revanche, ne se limite pas à courir lentement. Un runner peut enchaîner des sorties longues, des séances de fractionné, des montées en puissance et des blocs de travail intensif dans la même semaine. L’objectif n’est plus seulement de « bouger » mais de progresser, de viser un chrono, de préparer une compétition. L’équipement suit logiquement: montre GPS, capteur de puissance, nutrition pendant l’effort.

Jogging ou running: une question d’état d’esprit autant que de vitesse

Ce qui sépare vraiment le jogger du runner, ce n’est pas tant le nombre de kilomètres parcourus que la façon d’envisager la pratique. Le jogger court le dimanche matin pour se faire du bien, dépenser des calories et profiter de l’air frais. Il n’a pas forcément de plan d’entraînement ni d’objectif chiffré. Pour lui, 30 minutes à allure libre, c’est très bien.

Le runner structure ses semaines. Il suit un programme, ajuste son kilométrage, s’inscrit à des courses. On parle de VMA, d’allure au kilomètre, de zones cardiaques. Il investit dans du matériel réfléchi. Ce n’est pas un jugement de valeur, les deux approches ont leur légitimité, et beaucoup de gens glissent progressivement de l’une à l’autre sans s’en rendre compte. Si vous vous retrouvez à consulter un calculateur d’allure avant vos sorties, vous avez probablement basculé côté running.

Il faut d’ailleurs noter que ces trois termes coexistent dans les dictionnaires français, le running y a été ajouté en dernier. Preuve que la langue s’est adaptée à une réalité sportive qui a beaucoup évolué depuis les premières sorties dominicales en survêtement des années 1980.

Ces différences changent-elles vraiment la pratique au quotidien ?

Pour la grande majorité des pratiquants, la réponse honnête est non. Que vous appeliez votre sortie du mercredi soir un footing, un jogging ou une run, votre corps s’en moque. Ce qui compte, c’est la régularité, l’intensité adaptée à votre niveau et le plaisir que vous y prenez.

Là où la distinction devient utile, c’est dans la communication avec un coach ou dans la lecture d’un plan d’entraînement. Quand un programme prescrit « 45 minutes de footing », il vous dit précisément de rester en aisance respiratoire, pas de forcer. Si ce même programme mentionne « 30 minutes de running à allure spécifique », le mot signale une intensité plus élevée et un objectif précis. La sémantique est alors un outil de pilotage de l’entraînement.

Pour ceux qui démarrent, l’approche jogging ou footing est la plus sage. Débuter sans se blesser passe presque toujours par des semaines à allure très modérée, bien en dessous du seuil où l’on se sent « vraiment en train de faire du sport ». C’est souvent difficile à accepter, mais c’est ce qui construit une base solide.

Questions fréquentes

Le footing brûle-t-il moins de calories que le running ?

À durée égale, oui, courir plus vite consomme davantage d’énergie.

Peut-on préparer un marathon en ne faisant que du jogging ?

La majorité du volume d’un plan marathon se court effectivement à allure footing ou jogging, autour de 70 à 80 % du kilométrage total. Les séances spécifiques (allure marathon, fractionné) complètent ce socle, mais sans un footing solide, le reste ne tient pas.

Le jogging est-il adapté après 50 ans ?

Oui, c’est même l’une des pratiques les plus recommandées, à condition de respecter l’allure basse et de soigner l’échauffement. La récupération prend plus de temps passé 50 ans, ce qui plaide justement pour des sorties en aisance respiratoire plutôt que pour des efforts intenses répétés.

Faut-il des chaussures différentes pour le footing et le running ?

Pas nécessairement deux paires distinctes, mais le choix doit correspondre à votre foulée et au type de terrain. Une chaussure bien amorties convient au footing urbain; pour des séances plus rapides ou des compétitions, des modèles plus réactifs (avec plaque carbone ou mousse dynamique) font la différence.

Le terme « running » est-il officiel en français ?

Oui, le mot « running » figure dans les dictionnaires français depuis les années 2010. L’Académie française a longtemps préféré « course à pied » ou « jogging », mais l’usage a fini par s’imposer, les trois termes sont désormais reconnus.

Sources

Sources consultées le 29 juillet 2026.

  1. blog.therunningcollective.fr/footing-jogging-running-quelles-differences/

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